Gérant de SARL : rémunération et dividendes 2026
Gérant majoritaire ou minoritaire ? Votre statut se déduit de vos parts et de celles de votre famille. Le calcul en tire vos cotisations, l'impôt sur les sociétés, vos dividendes et ce qu'il vous reste au bout du compte.
Calculateur
Gérant majoritaire ou minoritaire ?
Le gérant de SARL est travailleur indépendant quand les gérants possèdent ensemble plus de la moitié des parts ; sinon, il est assimilé salarié. À exactement la moitié, le gérant est égalitaire, donc assimilé salarié. La comparaison se fait sur les nombres de parts : 1 001 parts sur 2 001 font un gérant majoritaire, même si le pourcentage arrondi affiche 50 %.
Comptent comme les vôtres les parts de votre conjoint, quel que soit le régime matrimonial, de votre partenaire de PACS et de vos enfants mineurs non émancipés, en pleine propriété ou en usufruit. Pas celles d'un concubin ni d'un enfant majeur. Les parts dont vous n'avez que la nue-propriété ne comptent pas ; les parts louées comptent comme un usufruit. Dans une gérance collégiale, les parts de tous les gérants s'additionnent : si elles dépassent la moitié, chaque gérant est travailleur indépendant, même celui qui n'a aucune part.
L'administration fiscale compte aussi les parts d'une société que le gérant contrôle. Aucune position de la sécurité sociale n'est publiée sur ce point : faites confirmer votre statut par l'URSSAF.
Comment est fait le calcul ?
Gérant majoritaire : ses cotisations sont celles des indépendants, calculées sur ce que sa rémunération coûte à la société moins un abattement de 26 %. Il n'a pas de salaire brut. Gérant minoritaire, égalitaire ou non associé : il cotise au régime général comme le président de SAS, sans assurance chômage. Dans les deux cas, l'impôt sur le revenu dû à la rémunération est l'impôt de votre foyer avec elle, moins celui sans elle, au barème des revenus 2025, le dernier voté.
Le coût de la rémunération est déduit du bénéfice. Sur le résultat, la société paie l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € si elle remplit les conditions du taux réduit, 25 % au-delà), dote la réserve légale, puis distribue des dividendes. Votre foyer en reçoit la part de ses parts.
Les dividendes d'un gérant minoritaire ne supportent que les prélèvements sociaux de 18,6 %. Ceux d'un gérant majoritaire suivent la règle des 10 % : la part qui dépasse 10 % du capital, des primes d'émission et des comptes courants détenus par son foyer supporte ses cotisations d'indépendant au lieu des prélèvements sociaux. Ces cotisations sont à sa charge et se déduisent de sa rémunération imposable. L'impôt sur les dividendes se calcule au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % ou, sur option, au barème après un abattement de 40 %.
Exemple : une SARL de 1 000 parts au capital de 10 000 € fait 90 000 € de bénéfice avant la rémunération de son gérant, qui se verse 30 000 € nets par an et vit seul, sans autre revenu. Avec 500 parts, le gérant est égalitaire : sa rémunération coûte 52 567,64 € à la société et il lui reste 38 851,67 € en tout. Avec 510 parts, il est majoritaire : sa rémunération coûte 8 945,64 € de moins, mais 6 517 € de cotisations frappent ses dividendes ; il lui reste 39 497,97 €, avec une part des dividendes un peu plus grande.
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- Un statut qui change en cours d'année (cession de parts, augmentation de capital, nouveau gérant, enfant qui devient majeur) : chaque période relève alors de son propre régime.
- La SARL à l'impôt sur le revenu (SARL de famille), et les sociétés d'exercice libéral (SELARL).
- Deux époux gérants tous deux : aucun texte ne dit comment répartir les dividendes du foyer entre eux pour la règle des 10 % ; le calcul ne simule qu'un gérant.
- Les parts en indivision, et le gérant de fait.
- L'ACRE, la mutuelle et la prévoyance, une société de 11 salariés ou plus, et pour un gérant majoritaire les professions libérales réglementées hors Cipav : voir les calculateurs président de SASU (même régime que le gérant minoritaire) et EURL (même régime que le gérant majoritaire).
- Le décalage d'une année : les dividendes de l'exercice 2026 sont versés en 2027. Le calcul les suppose versés en 2026, avec la même rémunération.
- Les droits sociaux (retraite, indemnités journalières), qui diffèrent entre les deux statuts. La cotisation subsidiaire maladie d'un gérant minoritaire peu rémunéré n'est qu'une estimation.
Sources officielles
- Article L311-3, 11° du code de la sécurité sociale : gérants minoritaires ou égalitaires (legifrance.gouv.fr)
- Article L136-3 du code de la sécurité sociale : dividendes des travailleurs indépendants au-delà de 10 % (legifrance.gouv.fr)
- Cour de cassation, 2e chambre civile, 31 mai 2018, n° 17-17.518 : collège de gérance majoritaire (legifrance.gouv.fr)
- Gérance majoritaire : appréciation des parts, BOI-RSA-GER-10-10-10-10 (bofip.impots.gouv.fr)
- Réponse ministérielle n° 3725 du 11 décembre 2018 : famille, usufruit et parts louées (assemblee-nationale.fr)
- Choisir son statut juridique : gérant majoritaire ou minoritaire (urssaf.fr)
- Réforme du calcul des cotisations des indépendants (urssaf.fr)
- Impôt sur les sociétés et taux réduit (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Article L232-10 du code de commerce : réserve légale (legifrance.gouv.fr)
- Imposition des dividendes (entreprendre.service-public.gouv.fr)
- Prélèvements sociaux sur les revenus du capital (service-public.gouv.fr)
- Les revenus mobiliers : prélèvement forfaitaire ou barème (impots.gouv.fr)