Taxe sur les services numériques 2026
La taxe de 3 % des grandes plateformes, dite « taxe GAFA » : le montant dû, qui le reçoit et ce qui reste à l'entreprise sur les sommes rattachées à la France.
- Hausse à 6 % pour 2026 : Votée par l'Assemblée nationale le 28 octobre 2025, non reprise dans la loi de finances pour 2026 du 19 février 2026 : le taux reste de 3 %.
- Hausse à 15 % pour 2027 : Adoptée en commission des finances le 9 octobre 2026, qui a rejeté le même soir l'ensemble de la première partie ; rejetée en séance le 27 octobre 2026.
- Taxe sur les flux de données numériques (au gigaoctet) : Adoptée par l'Assemblée nationale en première lecture le 30 octobre 2026 (11 voix contre 10). Elle n'est pas en vigueur : le texte poursuit son examen (vote sur la première partie, puis Sénat). Voir la page sur la taxe au gigaoctet.
Calculateur
Comment est calculée la taxe ?
Créée en 2019 au code général des impôts, elle figure depuis 2024 au code des impositions sur les biens et services, articles L. 453-45 à L. 453-83. Les sommes de 2026 sont taxées si les seuils ont été dépassés en 2025. Elle va au budget général de l'État.
- Place de marché : Interface qui permet aux utilisateurs de vendre ou d'acheter entre eux des biens ou des services (la vente directe par l'exploitant n'en fait pas partie).
- Mise en relation : Interface qui met des utilisateurs en relation sans vente entre eux (sites de rencontre, petites annonces, réservation…).
- Placement de publicité ciblée : Placement, sur une interface, de messages publicitaires ciblés grâce aux données de l'utilisateur.
- Vente de données à des fins publicitaires : Vente ou gestion de données sur les utilisateurs, collectées ou générées par une interface, à des fins publicitaires.
Pour chaque service, les sommes encaissées dans le monde sont multipliées par la part rattachée à la France. La somme de ces montants, arrondie à l'euro, forme l'assiette, et la taxe vaut 3 % de cette assiette.
Exemple : une place de marché encaisse 2 000 000 000 € dans le monde en 2026, et 17 000 de ses 50 000 opérations ont au moins un utilisateur en France, soit 34 %. L'assiette est de 680 000 000 €, la taxe de 20 400 000 €, et il reste 659 600 000 € sur la part rattachée à la France, avant impôt sur les sociétés.
La part reste une fraction exacte : le Bulletin officiel des finances publiques affiche « 33 % » pour 100 messages sur 300, mais c'est un tiers. Sur 1 000 000 000 €, la taxe est de 10 000 000 €, pas de 9 900 000 €.
Ce qui n'est pas taxé
- Les services fournis exclusivement entre sociétés d'un même groupe.
- Les interfaces dont l'objet principal est de fournir des contenus numériques, des communications ou des paiements, quand les échanges entre utilisateurs n'y sont qu'accessoires.
- Certains systèmes financiers réglementés et les interfaces d'achat et de vente d'espaces publicitaires.
- Les ventes de biens par l'exploitant lui-même, et les services économiquement indépendants de l'interface.
- Les sommes directement liées au volume ou à la valeur de produits soumis à accise (alcools, tabacs, énergies).
Ce que ce calcul ne prend pas en compte
- L'impôt sur les sociétés : la taxe en est déductible, et cet impôt s'ajoute sur les mêmes sommes. « Pris par l'État en tout » ne compte ici que cette taxe.
- La cessation d'activité en cours d'année, qui avance la date à laquelle la taxe devient exigible.
- La conversion des devises, faite mois par mois : saisissez des montants déjà convertis en euros.
- Le montant des acomptes, fixé par décret.
Aucun texte propre à cette taxe n'impose d'arrondir son montant : le calcul l'arrondit à l'euro le plus proche, comme une liquidation d'impôt, et donne le montant exact quand il diffère.
Questions fréquentes
Une entreprise qui encaisse des sommes pour de l'intermédiation numérique (places de marché, mise en relation) ou de la publicité ciblée, quand elle ou son groupe a dépassé l'année civile précédente deux seuils : 750 000 000 € encaissés dans le monde et 25 000 000 € rattachés à la France. Un montant égal au seuil ne suffit pas : il faut le dépasser. Les seuils se lisent au niveau du groupe, mais chaque société paie sa propre taxe.
3 % de la part rattachée à la France des sommes encaissées dans le monde, hors TVA. Sur 2 000 000 000 € encaissés, dont 34 % rattachés à la France, l'assiette est de 680 000 000 € et la taxe de 20 400 000 €.
Elle se calcule pour chaque service, chaque année, sans arrondi. Place de marché : opérations dont au moins un utilisateur est en France, sur toutes les opérations. Mise en relation : comptes ouverts depuis la France et utilisés dans l'année, sur tous les comptes utilisés. Publicité ciblée : messages vus en France, sur tous les messages placés. Vente de données : utilisateurs dont les données viennent de France, sur tous les utilisateurs concernés.
Non. Votée par l'Assemblée nationale le 28 octobre 2025, non reprise dans la loi de finances pour 2026 du 19 février 2026 : le taux reste de 3 %. Pour 2027, les amendements portant le taux à 15 % ont été rejetés en séance le 27 octobre 2026 (58 voix contre 92, puis 56 voix contre 94).
Une autre taxe, qui n'est pas en vigueur : 0,055 € par gigaoctet de données émises vers les abonnés français. Adoptée par l'Assemblée nationale en première lecture le 30 octobre 2026 (11 voix contre 10). Elle n'est pas en vigueur : le texte poursuit son examen (vote sur la première partie, puis Sénat).
Oui, selon les règles générales de déduction des impôts du bénéfice imposable. Le calculateur ne compte pas cet effet : ce qu'il affiche comme restant à l'entreprise est calculé sur la part rattachée à la France, avant impôt sur les sociétés.
Calculateurs liés
- Impôt sur les sociétésImpôt 2026 sur le bénéfice, depuis le résultat avant ou après impôt : taux réduit de 15 %, durée de l'exercice, déficits et acomptes.
- TVA : HT ↔ TTCDu hors taxes au TTC et inversement, avec le bon taux selon le produit et le territoire (métropole, Corse, outre-mer).
- Taux d'imposition globalCe que l'État et la protection sociale prennent sur votre activité et ce qui vous reste, en addition ligne à ligne : micro, EI, EURL, SASU ou SARL.
- Contribution des grandes entreprisesSurtaxe d'impôt sur les sociétés dès 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, et ce qui reste du bénéfice.
Page mise à jour le
Sources officielles
- Taxe sur certains services numériques, articles L. 453-45 à L. 453-83 du code des impositions sur les biens et services (Légifrance)
- Seuils : articles L. 453-64 à L. 453-66 (Légifrance)
- Montant : articles L. 453-70 à L. 453-74 (Légifrance)
- Part rattachée à la France, intermédiation : articles L. 453-55 et L. 453-56 (Légifrance)
- Part rattachée à la France, publicité ciblée : articles L. 453-62 et L. 453-63 (Légifrance)
- Services exclus : articles L. 453-57 à L. 453-59 (Légifrance)
- Règles d'arrondi : articles L. 131-1 et L. 131-2 (Légifrance)
- Calcul de la taxe (BOFiP, BOI-TCA-TSN-20)
- Décision n° 2025-1157 QPC du 12 septembre 2025 (Conseil constitutionnel)
- Calendrier fiscal des professionnels, avril 2026 (impots.gouv.fr)
- Calendrier fiscal des professionnels, octobre 2026 (impots.gouv.fr)
- Amendement n° I-655 au projet de loi de finances pour 2026 (Assemblée nationale)
- Amendement n° I-1358 au projet de loi de finances pour 2027 (Assemblée nationale)
- Dossier législatif du projet de loi de finances pour 2027 (Assemblée nationale)